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28 novembre : quand Mahamat Idriss Déby Itno interroge sa propre République

À N’Djamena, le 28 novembre ne se réduit jamais à une simple commémoration. À la veille de la célébration de la proclamation de la République, le chef de l’État, Mahamat Idriss Déby Itno, a rappelé sur sa page Facebook le sens profond de cette date. « Elle incarne un acte fondateur, le choix irrévocable d’une Nation qui a décidé de se reconnaître pleinement dans les valeurs d’une République indépendante et souveraine », a-t-il écrit dans un message aux accents solennels.

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Mais au-delà de la rhétorique, cette journée met en lumière les tensions entre les idéaux républicains et la réalité du terrain. L’unité, le travail et le progrès, piliers officiels de la devise nationale semblent encore loin d’être pleinement incarnés. Pour de nombreux observateurs, ces valeurs demeurent fragilisées par les défis politiques, sociaux et institutionnels qui traversent le pays.

C’est dans ce contexte que la déclaration de Mahamat Idriss Déby Itno prend une portée particulière. En invoquant les fondements de la République, le Pprésident ravive également les attentes d’une population en quête de justice sociale, de gouvernance transparente et de réformes capables de rompre avec les pratiques du passé. Les critiques pointent les « coquilles » persistantes d’un système où l’État peine encore à se hisser au niveau des ambitions de ses pères fondateurs.

Pour certains analystes, un tel discours ne peut rester performatif. En soulignant la valeur symbolique du 28 novembre, Mahamat Idriss Déby Itno se retrouve face à un impératif politique : transformer les principes républicains en actions tangibles, rétablir la confiance et répondre aux aspirations d’un pays où la transition politique a déjà trop duré.

Ce rappel historique prend ainsi la forme d’une interpellation. Pour que cette date retrouve sa pleine portée, Mahamat Idriss Déby Itno devra engager les réformes capables de consolider l’État, d’apaiser les fractures et de donner corps à la République que les combattants de l’indépendance avaient envisagée. Car sans une véritable volonté de gouvernance renouvelée, le 28 novembre risque de rester un symbole, plutôt qu’une promesse accomplie.

HIGDE NDOUBA Martin 

 

 

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