Tchad/Vridjibao : une école primaire aux abois
À quelques kilomètres de Pala, l’école primaire de Vridjibao, créée en 2000, symbolise aujourd’hui la précarité du système éducatif tchadien. Après plus de vingt ans d’existence, l’établissement ne dispose toujours pas d’infrastructures dignes de ce nom. Les salles de classe sont faites de tiges de mil et de paille, sans bancs ni pupitres, obligeant les élèves à s’asseoir à même le sol ou sur des briques.
Des conditions d’apprentissage précaires
À Vridjibao, suivre les cours relève parfois du parcours du combattant. En saison des pluies, les enseignements sont fréquemment interrompus. Le vent emporte les toitures de fortune, tandis que des animaux errants endommagent les abris. Dans ces conditions, la continuité pédagogique reste un défi permanent pour les enseignants comme pour les élèves.
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Le décalage avec les ambitions nationales
Pourtant, Vridjibao se trouve dans un pays où les autorités affichent l’éducation comme une priorité à travers des programmes structurants, dont celui des « 12 chantiers et 100 actions ». Sur le terrain, les habitants peinent à voir les retombées concrètes de ces engagements dans leur quotidien.
Vridjibao n’est pas qu’une école ; c’est un symbole de l’échec de l’État à garantir un droit fondamental : celui à l’instruction. Si rien n’est fait rapidement, des générations entières seront sacrifiées sur l’autel de la négligence administrative. Il est temps que l’État tchadien assume ses responsabilités et transforme les promesses en actions concrètes pour Vridjibao, et pour toutes les écoles rurales laissées à l’abandon.
Martin HIGDE NDOUBA