Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo veut des distinctions honorifiques ancrées dans l’identité de l’AES
Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, le premier ministre et chef du gouvernement, appelle à repenser les distinctions honorifiques dans l’espace de l’AES. À Ouagadougou, il a invité les Grandes Chancelleries du Burkina Faso, du Mali et du Niger à valoriser davantage les identités culturelles, les traditions et les valeurs propres aux peuples du Sahel dans leurs systèmes de reconnaissance du mérite.

Une réflexion commune entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger
Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a reçu en audience, le mercredi 2 septembre 2026 à Ouagadougou, une délégation des secrétaires généraux des Grandes Chancelleries des pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES).
La délégation a été présentée au Chef du Gouvernement par le Grand Chancelier des Ordres burkinabè, le Général de brigade à la retraite Pingrenoma Zagré. Cette audience intervient alors que les secrétaires généraux des Grandes Chancelleries du Burkina Faso, du Mali et du Niger tiennent leur première rencontre technique dans la capitale burkinabè.
Les travaux portent sur les cadres juridiques et institutionnels régissant les Grandes Chancelleries. Ils doivent également permettre de réfléchir aux bases d’un système commun de reconnaissance du mérite dans l’espace confédéral.

Jean Emmanuel Ouédraogo plaide pour des symboles qui ressemblent aux peuples de l’AES
Pour Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, cette réflexion doit aller au-delà d’une simple harmonisation des pratiques entre les trois pays.
Le Premier ministre estime que les travaux doivent s’inscrire dans la dynamique de rupture et d’affirmation de la souveraineté portée par les États de l’AES. Il relève notamment que les systèmes de distinctions honorifiques restent encore largement marqués par des références héritées de la période coloniale.
Le Chef du Gouvernement invite ainsi les Grandes Chancelleries à accorder davantage de place aux références historiques, aux identités culturelles et aux valeurs propres aux peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
« N’ayons pas peur d’être différents », a déclaré Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, estimant que les différences peuvent justement permettre aux pays de l’AES de mieux affirmer leur identité.
Le Premier ministre souhaite notamment que les traditions et les réalités socioculturelles des trois pays puissent inspirer les formes et les symboles utilisés pour récompenser le mérite.
La reconnaissance du mérite au service de la transmission des valeurs
Au cours de l’audience, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a également insisté sur la nécessité de mieux faire connaître les symboles nationaux à la jeunesse.
Les Grandes Chancelleries sont appelées à renforcer leur communication et à intégrer davantage la pédagogie et la sensibilisation dans leurs actions.
L’objectif est de permettre aux jeunes de mieux comprendre la signification des symboles de la Nation et les valeurs qu’ils véhiculent.
Pour le Chef du Gouvernement, cette démarche doit contribuer à développer chez les jeunes l’amour de la Patrie et le respect des symboles nationaux.

Vers des critères communs pour les distinctions honorifiques
À la sortie de l’audience, le Grand Chancelier des Ordres burkinabè, le Général de brigade à la retraite Pingrenoma Zagré, a précisé l’aboutissement attendu de ces travaux.
Les réflexions engagées doivent, à terme, permettre de définir les valeurs, les critères et les symboles qui encadreront l’attribution des distinctions honorifiques dans l’espace confédéral.
Cette démarche vise donc à rapprocher les pratiques des trois pays tout en leur permettant de tenir compte de leurs propres réalités historiques et culturelles.

Le mérite, une valeur présente dans les traditions africaines
La réflexion ne part toutefois pas de zéro. Adama Traoré, chef de cabinet de la Grande Chancellerie du Mali, a rappelé que la reconnaissance du mérite existait déjà dans les sociétés africaines avant l’apparition des systèmes modernes de décorations.
Dans les communautés traditionnelles, les personnes qui se distinguaient par leur courage, leur bravoure, leur travail ou leur contribution à la collectivité étaient reconnues et valorisées.
Les travaux menés à Ouagadougou doivent donc permettre de remettre en lumière ces formes traditionnelles de reconnaissance et de réfléchir à leur adaptation aux réalités actuelles de l’AES.
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Donner une nouvelle dimension aux distinctions de l’AES
L’ambition affichée est de mettre en place une reconnaissance du mérite capable de valoriser les personnes qui contribuent de manière remarquable à l’édification de leur Nation et de l’espace confédéral.
Engagement, travail, courage et bravoure pourraient ainsi figurer parmi les valeurs mises en avant dans ce futur cadre commun.
Avec les orientations données par Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, la réflexion sur les distinctions honorifiques se retrouve ainsi liée à une question plus large : celle de l’identité et de la souveraineté des peuples de l’AES.
Pour les Grandes Chancelleries du Burkina Faso, du Mali et du Niger, le défi sera désormais de traduire ces orientations en propositions concrètes, afin que les futurs symboles de reconnaissance du mérite reflètent davantage les réalités et les valeurs revendiquées par les peuples de l’espace confédéral.

Yiwènè Angelina MPO
Source : DCRP/Primature