Paul Henri Sandaogo Damiba: de l’exil au tribunal burkinabè
Le 17 janvier 2026, l’ancien Président de la Transition, Paul Henri Sandaogo Damiba, a été extradé du Togo vers le Burkina Faso. Cette opération a été rendue possible grâce à la coopération judiciaire entre les autorités burkinabè et togolaises. Il est désormais appelé à répondre devant la justice burkinabè pour des faits liés à la tentative de déstabilisation des institutions nationales et à des infractions financières graves.
Cette procédure judiciaire fait suite à une dénonciation déposée le 5 janvier 2026 auprès du parquet du Tribunal de grande instance Ouaga I, mettant en cause plusieurs personnes civiles et militaires. Les autorités judiciaires ont estimé que les faits dénoncés étaient suffisamment graves et étayés pour justifier l’ouverture d’une information judiciaire et l’activation des mécanismes de coopération pénale internationale.
Le 6 janvier 2026, le juge d’instruction a ouvert une information judiciaire visant Damiba pour des faits de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite, de corruption, d’incitation à la commission de délits et crimes, de recel aggravé et de blanchiment de capitaux. Un mandat d’arrêt international a été délivré et transmis aux autorités togolaises, aboutissant à son extradition.
Historique des tentatives de déstabilisation
En septembre 2024, le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, a présenté les premiers éléments de preuve concernant une tentative de coup d’État. Dans cette affaire, l’ex-commandant des forces spéciales, Ahmed Kinda, a reconnu lors d’une vidéo diffusée à la télévision nationale avoir recruté des mercenaires centrafricains et acquis des armes individuelles et collectives. Damiba et un certain Colonel Ouoba ont été cités comme complices de ce projet, chargé d’exécuter l’assaut contre les institutions.
D’autres tentatives ont également été signalées, notamment le 9 novembre 2024, lorsqu’un individu a été filmé en remettant cinq milliards de F CFA à des soldats feignant d’accepter le projet de coup d’État. Ces actions démontrent une récurrence des plans de déstabilisation attribués à Damiba, mettant en lumière l’ampleur et la persistance de ces menaces contre la stabilité nationale.
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Sanctions et radiations
À la suite de ces multiples tentatives, Damiba et quinze autres officiers ont été radiés des forces armées burkinabè en novembre 2024. Pour rappel, il avait initialement pris le pouvoir le 24 janvier 2022, à la tête du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), après un coup d’État contre le Président Roch Marc Christian Kaboré.
L’extradition de Damiba illustre la détermination du Burkina Faso à poursuivre les auteurs de tentatives de déstabilisation et à renforcer la coopération judiciaire sous-régionale. Le gouvernement burkinabè a salué la collaboration avec le Togo et confirme son engagement à traiter ces affaires avec diligence et transparence.
Yiwènè Angelina MPO (Stagiaire)