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Journée mondiale du coton : le Burkina veut passer de l’« or blanc » à la valeur ajoutée

La Journée mondiale du coton est célébrée ce mercredi 7 octobre 2026 dans un contexte où le Burkina Faso veut accélérer la transformation de son « or blanc ». Au-delà de l’augmentation de la production, les autorités affichent désormais une ambition plus large : transformer davantage le coton sur place, développer l’industrie textile, créer des emplois et renforcer la valeur ajoutée générée par cette filière stratégique.

Journée mondiale : du coton produit au coton transformé

Célébrée chaque 7 octobre, la Journée mondiale du coton met en avant l’importance économique et sociale de cette fibre pour les pays producteurs. L’édition 2026 se tient autour du thème « Le coton au service du bien : construire la prospérité grâce au commerce, à la transformation et au partenariat ».

Pour le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, ce thème revêt une importance particulière pour le Burkina Faso, compte tenu du poids du coton dans les revenus des producteurs, la création d’emplois, les recettes d’exportation et les activités économiques connexes.

Dans son message à l’occasion de la Journée mondiale du coton, le ministre estime que le pays doit désormais aller au-delà du modèle fondé essentiellement sur la production et l’exportation de la fibre brute.

L’objectif affiché est de créer davantage de valeur à partir de chaque kilogramme de coton produit au Burkina Faso, notamment grâce à l’industrialisation et à la transformation locale.

Journée mondiale : une production appelée à franchir un nouveau cap

Cette ambition intervient alors que la production cotonnière burkinabè connaît une progression.

Au cours de la campagne 2025-2026, le Burkina Faso a produit 314 293 tonnes de coton-graine, conventionnel et biologique, contre 294 507 tonnes lors de la campagne précédente. Cette évolution représente une hausse de 7 %.

Les superficies consacrées au coton ont également progressé, passant de 346 778 hectares à 391 407 hectares, soit une augmentation de 13 %.

Pour la campagne 2026-2027, les prévisions sont encore plus ambitieuses. Les autorités tablent sur 532 000 tonnes de coton-graine conventionnel et 2 250 tonnes de coton biologique, soit un objectif global de 534 250 tonnes.

Les prix planchers d’achat ont été fixés à 310 FCFA le kilogramme pour le coton conventionnel de premier choix, 285 FCFA pour le deuxième choix et 375 FCFA pour le coton biologique.

TEXFORCES-BF, une illustration de la transformation locale

La journée mondiale du coton permet également de mettre en avant les investissements engagés pour développer la transformation locale.

Le ministre cite notamment la construction du complexe industriel IROTEX-BURKINA, sur les sites de Sourgou, dans la région de Nando, et de Boromo, dans la région de Bankui. Il évoque également le Centre national d’appui à la transformation artisanale du coton (CNATAC), inauguré le 9 novembre 2025, ainsi que le complexe industriel Textile des Forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF), inauguré le 9 septembre 2026 à Bobo-Dioulasso.

Doté d’un investissement de 17 milliards de FCFA, TEXFORCES-BF doit participer à la transformation du coton en produits textiles destinés aussi bien aux Forces de défense et de sécurité et aux Volontaires pour la défense de la Patrie qu’aux populations civiles.

Le complexe dispose notamment de capacités pouvant atteindre 20 millions de mètres de tissu au tissage, 5 à 6 millions d’unités en tricotage et jusqu’à 20 millions de mètres en finition-teinture.

À terme, ses capacités pourraient atteindre 50 000 tonnes de coton transformées par an, 100 millions de mètres de tissu au tissage et plus de 20 millions de pièces confectionnées chaque année.

Le projet est également présenté comme un levier de création d’emplois, avec 600 emplois directs et 15 000 emplois indirects annoncés autour de son activité.

Journée mondiale : commerce et partenariats pour conquérir les marchés

Pour le Burkina Faso, transformer davantage le coton suppose également de renforcer les débouchés commerciaux.

Le ministre Serge Gnaniodem Poda souligne la nécessité d’améliorer la qualité et la compétitivité du coton burkinabè, tout en diversifiant les marchés nationaux, régionaux et internationaux.

Dans cette perspective, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et la Confédération des États du Sahel (AES) sont présentées comme des opportunités pour développer les échanges et favoriser l’émergence de chaînes de valeur régionales dans le coton, le textile et l’habillement.

Le Burkina Faso mise également sur les partenariats pour accompagner cette transformation. Un accord-cadre couvrant la période 2026-2030 a notamment été signé avec la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC). Il vise à faciliter l’exportation de produits agricoles, dont le coton et l’anacarde, et à mettre à disposition des lignes de crédit pour accompagner ces filières.

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Journée mondiale : le coton africain veut mieux défendre ses intérêts

Le Burkina Faso entend aussi renforcer la coopération entre les pays africains producteurs de coton.

Le ministre rappelle à ce titre l’importance du groupe des quatre pays du « C4 », composé du Bénin, du Burkina Faso, du Mali et du Tchad. Ces pays sont coauteurs de l’Initiative sectorielle en faveur du coton et souhaitent notamment mutualiser leurs efforts pour défendre leurs intérêts et favoriser la transformation du coton africain.

Le partenariat apparaît ainsi comme l’un des piliers de la stratégie burkinabè. L’État, les producteurs, les sociétés cotonnières, les transformateurs, les institutions financières, les chercheurs, les investisseurs et les partenaires au développement sont appelés à contribuer au développement de la filière.

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Journée mondiale : faire de l’« or blanc » un moteur industriel

À travers son message pour la Journée mondiale du coton, le gouvernement burkinabè affiche donc une orientation claire : produire davantage, mais surtout transformer davantage et consommer davantage les produits issus du coton national.

Cette ambition vise à faire évoluer le rôle du coton dans l’économie burkinabè. La fibre ne doit plus être considérée uniquement comme une matière première destinée à l’exportation, mais comme un point de départ pour développer l’industrie textile, créer des emplois et renforcer la souveraineté économique.

Avec une production attendue de plus de 534 000 tonnes pour la campagne 2026-2027 et des investissements dans la transformation industrielle, le Burkina Faso cherche ainsi à faire de son « or blanc » un véritable levier de développement.

La journée mondiale du coton 2026 rappelle finalement un enjeu majeur pour la filière : produire est une étape, transformer localement est désormais le véritable défi.

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Yiwènè Angelina MPO

Source : MICA

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