Jean Emmanuel Ouédraogo veut-il changer durablement le visage de l’Administration burkinabè ?
Jean Emmanuel Ouédraogo, le Premier ministre burkinabè, veut accélérer la transformation de l’Administration publique pour la rendre plus efficace, plus proche des citoyens et davantage tournée vers les résultats.
Une performance de 85,38 %, mais pas question de se satisfaire des acquis
À Ouagadougou, ce lundi 14 septembre 2026, Jean Emmanuel Ouédraogo a présidé la session ordinaire du Conseil national de la modernisation de l’Administration et de la bonne gouvernance (CN-MABG). Une rencontre consacrée à l’évaluation des performances de l’Administration publique et à la définition des principales orientations pour 2027.
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Le constat est plutôt positif : la performance globale de l’Administration au titre de l’année 2025 atteint 85,38 %. Un résultat salué par le Chef du Gouvernement, mais qui ne doit pas, selon lui, conduire à l’autosatisfaction.
Car derrière les chiffres se trouvent une réalité plus concrète : celle des citoyens confrontés quotidiennement aux délais, aux difficultés d’accès aux services publics, aux insuffisances des infrastructures ou encore aux limites des systèmes d’information.
Pour Jean Emmanuel Ouédraogo, la performance administrative n’a donc de véritable sens que lorsqu’elle produit des effets visibles dans la vie des populations. L’enjeu n’est plus seulement de mesurer ce que font les structures publiques, mais de vérifier ce que leurs actions changent réellement pour les citoyens.
Du numérique au retour de l’État, une Administration appelée à se réinventer
La modernisation voulue par Jean Emmanuel Ouédraogo dépasse ainsi la simple dématérialisation des procédures. Le Premier ministre appelle à une transformation plus profonde des pratiques, des méthodes de travail et du rapport entre l’Administration et le Peuple.
Parmi les difficultés relevées figurent notamment la couverture encore insuffisante de certaines évaluations, l’appropriation limitée des outils de gouvernance, les contraintes liées aux ressources humaines et aux infrastructures, les difficultés des systèmes d’information ainsi que les problèmes liés à l’authenticité de certains documents dans la commande publique.
La question du numérique occupe également une place importante. Si les plateformes de services publics doivent faciliter les démarches, leur utilisation reste un défi. Le Gouvernement entend donc promouvoir un numérique accessible et inclusif, adapté aux réalités du pays. La prise en compte progressive des langues nationales dans les systèmes d’information s’inscrit dans cette volonté.
Pour Jean Emmanuel Ouédraogo, la reconquête du territoire doit nécessairement être suivie par le retour effectif des services publics. Éducation, santé, état civil, justice, action sociale et administration territoriale devront progressivement accompagner le retour de l’autorité de l’État.
Cette vision traduit une évolution importante de la conception de la modernisation administrative : il ne s’agit plus seulement de rendre l’Administration plus rapide ou plus numérique, mais de la rendre plus utile, plus accessible et plus responsable devant les citoyens.
À travers les orientations retenues pour 2027, Jean Emmanuel Ouédraogo place donc les agents publics face à une exigence claire : transformer les recommandations en actions concrètes, avec des responsabilités définies et un suivi rigoureux.
L’objectif affiché est de bâtir une Administration disciplinée, intègre, compétente, innovante, performante et redevable. Une ambition qui, au-delà des discours et des indicateurs, sera surtout jugée sur le terrain : au guichet d’un service public, dans une école, dans un centre de santé, dans une commune ou dans tout espace où le citoyen attend de l’État une réponse concrète.
C’est finalement là que se mesurera la réussite de cette réforme : dans la capacité de l’Administration à passer des résultats administratifs aux résultats vécus par les populations.
AMINA KABO DJARMAH
Source/Primature du Burkina Faso




