IP-P3A : 100 jeunes prêts pour la pisciculture
L’IP-P3A (Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire) veut faire de la pisciculture hors sol une nouvelle piste d’activité pour 100 jeunes et membres des Forces de défense et de sécurité (FDS). Formés du 27 septembre au 1er octobre 2026, les bénéficiaires ont reçu du matériel dès le quatrième jour de la session pour poursuivre leur apprentissage et préparer le démarrage de leurs activités. Des bacs hors sol de 20 mètres cubes, ainsi que des alevins et des aliments à prix subventionnés, sont annoncés pour les accompagner dans cette nouvelle étape.
IP-P3A : 100 bénéficiaires à l’école de la pisciculture
La formation organisée par le Bureau national des grands projets du Burkina (BN-GPB), à travers l’IP-P3A, s’inscrit dans les actions consacrées au développement de la production agricole et à l’autosuffisance alimentaire.
Durant cinq jours, les participants ont été initiés aux techniques de la pisciculture hors sol. La session a alterné des enseignements théoriques et des exercices pratiques afin de permettre aux bénéficiaires de mieux comprendre les différentes étapes nécessaires à la conduite d’un élevage de poissons.
Au total, 100 personnes ont pris part à la formation. Il s’agit notamment de jeunes, de volontaires agricoles et de membres des FDS blessés au front.
Cette diversité des bénéficiaires constitue l’un des éléments particuliers de la session. Le dispositif ne vise donc pas uniquement les jeunes engagés dans les activités agricoles, mais également des personnes issues des forces combattantes auxquelles une possibilité d’activité productive est proposée.

Sept modules pour maîtriser les bases
La formation repose sur sept modules portant sur différents aspects de la pisciculture hors sol.
Les participants ont notamment été initiés aux principes de cette technique d’élevage, mais également à la planification, à la gestion et à l’exploitation d’une activité piscicole.
La formation comprend aussi un volet consacré à la gestion simplifiée d’une microentreprise. Cette dimension doit permettre aux bénéficiaires de ne pas considérer la pisciculture uniquement sous l’angle de la production, mais également comme une activité nécessitant une organisation et une gestion rigoureuses.
Chaque participant doit par ailleurs élaborer un plan d’action opérationnel. Celui-ci doit permettre de déterminer les principales étapes à suivre après la formation et de faciliter la mise en œuvre des connaissances acquises.
L’objectif affiché est donc de rapprocher autant que possible la formation de la réalité d’une exploitation piscicole.

Inoussa Ouédraogo insiste sur l’après-formation
Pour le camarade Inoussa Ouédraogo, coordonnateur technique de l’Initiative présidentielle, cette session s’inscrit dans l’une des quatre composantes de l’IP-P3A, consacrée notamment à la formation des jeunes aux techniques d’élevage de poissons.
Le responsable souligne également la présence de différentes catégories de bénéficiaires. Selon lui, la particularité de la session réside notamment dans le fait qu’elle associe des civils, des volontaires agricoles et des FDS.
Mais au-delà des cinq jours de cours, l’IP-P3Aprévoit un accompagnement destiné à faciliter le passage à l’activité.
« Il faut aussi dire que cela ne se limite pas seulement à la formation », a expliqué Inoussa Ouédraogo, en annonçant plusieurs mesures en faveur des bénéficiaires.

IP-P3A : Des bacs de 20 mètres cubes annoncés
L’une des mesures annoncées concerne la mise à disposition d’équipements pour permettre aux personnes formées de commencer leur activité.
Selon le coordonnateur technique, des bacs hors sol de 20 mètres cubes seront octroyés gratuitement aux bénéficiaires. Ces équipements doivent constituer le principal outil de production pour les nouveaux pisciculteurs.
L’accompagnement devrait également concerner les intrants. Les bénéficiaires pourront, selon Inoussa Ouédraogo, obtenir des alevins et des aliments à des prix subventionnés.
Cette disposition vise à faciliter le démarrage des activités en réduisant le coût de certains besoins indispensables à l’élevage.
Les bénéficiaires devraient également bénéficier de mises en relation avec des éleveurs. Ce dispositif doit favoriser les échanges d’expériences et permettre aux nouveaux producteurs de disposer de conseils dans la conduite de leurs exploitations.

IP-P3A : Une formation pensée pour créer des activités
À travers l’IP-P3A, l’enjeu n’est donc pas uniquement de transmettre des connaissances techniques. La démarche vise également à permettre aux bénéficiaires de transformer ces compétences en activités économiques.
Pour les jeunes, la pisciculture hors sol peut représenter une possibilité de création de revenus et de diversification des activités agricoles. La formation en gestion d’une micro entreprise doit, dans cette perspective, leur fournir des notions nécessaires à la conduite de leur future activité.
La préparation d’un plan d’action individuel participe à cette même logique. Chaque bénéficiaire est appelé à réfléchir à la manière dont il compte utiliser les connaissances acquises et organiser son activité après la session.
Cette approche permet de donner à la formation une dimension pratique et entrepreneuriale.

Une place particulière pour les FDS blessés
La participation de membres des FDS blessés au front constitue également un aspect important de cette initiative.
Ces bénéficiaires sont associés à une formation qui doit leur permettre d’acquérir de nouvelles compétences dans un domaine productif. La pisciculture hors sol leur est ainsi proposée comme une activité pouvant contribuer à leur autonomie économique.
Pour les responsables de l’initiative, cette ouverture permet d’associer plusieurs profils autour d’un même objectif de production.
Le dispositif présenté cherche ainsi à faire de la formation professionnelle un moyen de développer des activités génératrices de revenus, y compris au profit de personnes ayant servi dans les forces combattantes.

Du matériel avant la fin de la formation
Le passage de la théorie à la pratique a déjà commencé. Au quatrième jour de la session, le mercredi 30 septembre 2026, les participants ont reçu du matériel destiné à poursuivre leur apprentissage et à préparer le lancement de leurs activités.
Cette remise intervient avant même la clôture officielle de la formation, prévue le 1er octobre.
Elle donne ainsi aux bénéficiaires la possibilité de commencer à se familiariser avec les équipements et de mieux préparer la suite de leur parcours.
Pour les organisateurs, cette continuité entre formation et installation doit contribuer à rendre le dispositif plus concret.

IP-P3A : l’autosuffisance alimentaire en perspective
La pisciculture s’inscrit également dans l’objectif plus large de production agricole et d’autosuffisance alimentaire porté par l’IP-P3A.
Le développement de l’élevage de poissons peut contribuer à diversifier les productions et à renforcer l’offre alimentaire. En parallèle, la création de nouvelles activités autour de la pisciculture peut offrir des possibilités de revenus aux personnes formées.
L’IP-P3A repose ainsi sur plusieurs leviers : acquisition de compétences, mise à disposition d’équipements, accès facilité aux intrants et accompagnement des nouveaux producteurs.
Le défi sera désormais de transformer ces moyens en productions effectives et durables.

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IP-P3A : après les cinq jours, place à l’activité
Au terme de la formation, les 100 bénéficiaires devront désormais mettre en pratique les connaissances acquises. Les bacs de 20 mètres cubes annoncés, l’accès aux alevins et aux aliments subventionnés ainsi que les mises en relation avec des éleveurs doivent faciliter cette transition.
Pour le BN-GPB et l’IP-P3A, l’objectif est de faire de cette formation davantage qu’une simple session d’apprentissage. Il s’agit de créer les conditions permettant aux bénéficiaires de s’installer progressivement dans la pisciculture hors sol.
La réussite du dispositif dépendra désormais de la capacité des nouveaux pisciculteurs à exploiter les équipements, à maîtriser les techniques apprises et à développer leurs activités dans la durée.
Avec ces 100 bénéficiaires, l’IP-P3A entend ainsi relier formation, équipement et production, dans une démarche présentée comme contribuant à la création d’activités et au renforcement de l’autosuffisance alimentaire au Burkina Faso.

Yiwènè Angelina MPO
Source : Burkina 24