Basket-ball : des champions sans infrastructures
La qualification de Sao Basket-ball pour la prochaine Coupe d’Afrique des Nations U18, après sa victoire face au Gabon, est une immense fierté pour le sport tchadien. Mais derrière cet exploit se cache une réalité moins glorieuse : celle d’une discipline qui survit grâce au courage de ses pratiquants, malgré une absence criante d’infrastructures adaptées.
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Des champions forgés sur le béton
Le succès de Sao Basket-ball aurait dû être l’occasion de célébrer une politique sportive efficace. Pourtant, il met surtout en lumière le paradoxe tchadien : produire des talents sans leur offrir les moyens de s’épanouir.
Au Tchad, le Basket-ball se pratique souvent sur des terrains à ciel ouvert, exposés à la chaleur, au vent et parfois même aux intempéries. Les joueurs s’entraînent avec des équipements limités et des installations qui ne répondent à aucune norme internationale.
des complexes modernes, les jeunes Tchadiens continuent de rêver sur un terrain qui porte les marques du temps.
À N’Djamena, le terrain du lycée Félix Éboué reste, depuis près d’un demi-siècle, une référence pour les passionnés. Ce lieu mythique a vu éclore plusieurs générations de basketteurs, mais il témoigne aussi du manque d’investissements dans cette discipline. Pendant que d’autres pays construisent des complexes modernes, les jeunes Tchadiens continuent de rêver sur un terrain qui porte les marques du temps.
Talent ne peut pas remplacer les infrastructures
Cette qualification continentale prouve une chose essentielle : le potentiel existe. Les jeunes athlètes tchadiens possèdent la technique, la détermination et l’envie de porter haut les couleurs nationales. Le Basket-ball tchadien ne manque ni de passion ni de ressources humaines.
Cependant, combien de talents ont déjà abandonné faute d’encadrement ou d’infrastructures ? Combien de carrières prometteuses se sont arrêtées avant même d’avoir commencé ?
Aujourd’hui, la victoire de Sao Basket-ball doit être perçue comme un signal adressé aux décideurs. Le sport ne peut pas reposer uniquement sur la volonté des jeunes et le sacrifice des encadreurs bénévoles. Le Basket-ball mérite des gymnases, des centres de formation et une véritable politique de développement.
Car si ces joueurs sont capables de décrocher une qualification africaine dans de telles conditions, on peut imaginer jusqu’où ils pourraient aller avec des infrastructures dignes de leur ambition.
Au fond, cette victoire est autant un motif de fierté qu’un rappel des responsabilités. Le Basket-ball tchadien avance, mais il avance seul. Et il serait peut-être temps que le pays accompagne enfin ceux qui prouvent, ballon en main, que le talent peut naître partout, même là où les équipements font défaut.
Martin HIGDE NDOUBA
