Tenue à 10 000 FCFA : les clandomens montent au créneau à Moundou
À Moundou, la colère gronde parmi les conducteurs de mototaxis. Une nouvelle mesure imposant l’achat d’une tenue à 10 000 FCFA ravive les tensions entre autorités municipales et acteurs du transport urbain, déjà fragilisés par une conjoncture économique difficile.
Une décision imposée sans concertation
Ce vendredi 24 avril 2026, les clandomens de Moundou sont descendus dans la rue pour exprimer leur désaccord face à une décision municipale qu’ils jugent unilatérale. Au cœur de la contestation : l’obligation d’acheter une nouvelle tenue fixée à 10 000 francs CFA.
A Lire aussi/Exploitation aurifère: le GS-NESMO tient son assemblée générale à Agadez
Selon les manifestants, cette mesure aurait été initiée par le deuxième secrétaire de séance de la mairie, également impliqué dans l’organisation des mototaxis. Une double casquette qui suscite interrogations et incompréhensions. Les clandomens dénoncent surtout l’absence de dialogue préalable. Beaucoup affirment avoir découvert cette obligation sans consultation ni explication claire.
Des charges jugées insoutenables
Au-delà de la tenue, les clandomens pointent une accumulation de dépenses devenues difficiles à supporter. En effet, la mesure inclut également l’achat de deux casques, destinés au conducteur et à son passager. Une exigence qui alourdit davantage une situation financière déjà précaire.
Dans un contexte marqué par la hausse du prix du carburant, les conducteurs peinent à maintenir leur activité. La location journalière des motos, oscillant entre 2 500 et 3 000 francs CFA, s’ajoute aux charges fixes, notamment le paiement d’un ticket de 250 francs CFA à leur association.
Pour les clandomens, cette nouvelle obligation risque de fragiliser encore davantage leur capacité à subvenir à leurs besoins. « Nous travaillons déjà dans des conditions difficiles. Ajouter de nouvelles dépenses, c’est nous pousser à bout », confie un autre conducteur.
Un appel au dialogue et à l’apaisement

Malgré leur mobilisation, les clandomens ont tenu à souligner le caractère pacifique de leur démarche. Ils affirment que leur organisation reste apolitique et rejette toute tentative de récupération. Leur objectif, insistent-ils, est d’obtenir un réexamen de la décision municipale.
Dans un esprit d’apaisement, ils proposent une alternative : la mise à disposition d’un duplicata de leur ancienne tenue, jugée plus accessible et adaptée à leur réalité économique.
Encadrée par un dispositif sécuritaire, la manifestation s’est déroulée sans incident majeur. Mais elle traduit un malaise profond. À Moundou, les clandomens attendent désormais un geste des autorités, espérant l’ouverture d’un dialogue capable de désamorcer une crise naissante.
Martin HIGDE NDOUBA