861 inhumations en six jours : que se passe-t-il réellement à N’Djamena ?
861 personnes auraient été inhumées dans les cimetières de Lamadji et de Toukra entre le 26 et le 31 octobre 2026, selon une enquête rapportée par le journal Abba Garde. Un chiffre vertigineux, qui soulève de sérieuses interrogations sur la situation sanitaire de la capitale tchadienne. Si ces données restent à vérifier indépendamment, elles appellent néanmoins une réponse urgente des autorités. Car derrière ces inhumations, il y a des vies perdues et des familles endeuillées.
Un chiffre qui ne peut laisser indifférent
861 inhumations en six jours. La statistique a de quoi provoquer stupeur et inquiétude. À N’Djamena, où les difficultés d’accès aux soins sont régulièrement dénoncées, cette information mérite davantage qu’un simple commentaire sur les réseaux sociaux.
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Selon les données rapportées par Abba Garde, les cimetières de Lamadji et de Toukra auraient accueilli 861 dépouilles sur cette courte période, du 26 au 31 octobre. Une moyenne qui interpelle et impose une question fondamentale : que se passe-t-il réellement dans la capitale tchadienne ?
Précisons toutefois qu’en l’absence d’une vérification indépendante, ces chiffres ne sauraient être considérés comme un bilan officiel. Ils ne renseignent pas non plus sur les causes des décès, encore moins sur une éventuelle augmentation anormale de la mortalité. Mais leur ampleur supposée justifie que les pouvoirs publics s’en saisissent.
Un système sanitaire à bout de souffle ?
Il serait hasardeux d’attribuer ces inhumations à une maladie particulière ou à une crise sanitaire sans disposer de données épidémiologiques fiables. Cependant, difficile de dissocier cette inquiétude des réalités quotidiennes du système de santé tchadien.
Dans les formations sanitaires, les difficultés sont nombreuses : insuffisance d’équipements, manque de personnel spécialisé, accès parfois coûteux aux soins, retards de prise en charge et infrastructures qui peinent à répondre aux besoins d’une population grandissante.
Combien de patients arrivent à l’hôpital lorsque leur état est déjà critique ? Combien de familles sont contraintes de parcourir plusieurs établissements avant de trouver une prise en charge adaptée ? Combien de décès auraient pu être évités grâce à un diagnostic précoce et à des soins accessibles ?
Ces interrogations ne constituent pas des conclusions médicales. Elles traduisent néanmoins une réalité sociale que les autorités ne peuvent éternellement ignorer. Dans ces conditions, les inhumations rapportées méritent une enquête sérieuse.
La transparence, une obligation publique
Face à une telle situation, les autorités sanitaires doivent sortir de la réserve. Le ministère de la Santé publique, les responsables des communes concernées et les gestionnaires des cimetières pourraient apporter des éclaircissements sur ces données.
Il faut vérifier les registres, établir une comparaison avec les périodes précédentes, identifier les principales causes de décès et communiquer sur les éventuelles alertes sanitaires.
La population n’a pas besoin de rumeurs, mais d’informations vérifiées. Elle n’a pas besoin de discours rassurants sans fondement, mais de réponses précises et de mesures concrètes.
Derrière chaque inhumation, une vie
Au-delà des chiffres, il y a des pères, des mères, des enfants et des familles qui pleurent leurs proches. Les inhumations ne doivent pas devenir de simples statistiques dans une capitale où la question de l’accès aux soins reste préoccupante.
Un gouvernement responsable ne devrait pas attendre que l’inquiétude gagne les quartiers pour communiquer. Les inhumations signalées doivent faire l’objet d’une attention particulière, non pour alimenter la psychose, mais pour prévenir d’éventuelles crises.
La véritable question n’est donc pas seulement de savoir combien d’inhumations ont été enterrées en six jours. Elle est surtout de comprendre pourquoi, dans une capitale qui aspire au développement, la santé demeure une préoccupation aussi lourde pour les citoyens.
Martin HIGDE NDOUBA

