Transport : Tchad-Nigeria, réduire le coût de l’enclavement
Le Tchad et le Nigeria veulent renforcer leurs échanges commerciaux en facilitant le transport des marchandises. Liaisons aériennes, navigation sur le lac Tchad et projet ferroviaire figurent parmi les pistes évoquées le 21 octobre 2026 par la ministre Fatima Goukouni Weddeye et l’ambassadeur nigérian Abubakar Musa Musa. Derrière ces ambitions, un enjeu majeur : réduire les coûts logistiques et améliorer la compétitivité de l’économie tchadienne.
Enclavement qui pèse sur l’économie
Le Tchad veut renforcer ses connexions avec le Nigeria, l’un des marchés majeurs de la région. Ce mercredi 21 octobre 2026, la ministre des Transports, de l’Aviation civile et de la Météorologie nationale, Fatima Goukouni Weddeye, a échangé avec l’ambassadeur du Nigeria, Abubakar Musa Musa, sur les moyens de faciliter les échanges entre les deux pays.
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L’urgence est économique. Selon un diagnostic de la Société financière internationale (IFC), l’acheminement d’un conteneur depuis Lagos ou Douala jusqu’à N’Djamena peut prendre quatre à six semaines et coûter environ 4 500 euros. Les produits de base peuvent également être jusqu’à 30 % plus chers à N’Djamena que dans certaines villes camerounaises voisines.
Ces chiffres illustrent le poids des contraintes logistiques sur les entreprises et les consommateurs. Les délais, les frais de carburant, l’entretien des véhicules et les formalités administratives peuvent alourdir les prix. Pour un pays enclavé, améliorer le transport ne relève donc pas uniquement des infrastructures : c’est aussi un enjeu de pouvoir d’achat, d’emploi et de compétitivité.
Convention routière attendue
Au cœur des discussions entre N’Djamena et Abuja figure la signature envisagée d’une convention bilatérale sur le transport routier. L’objectif est de mieux encadrer l’acheminement des marchandises et de faciliter les opérations transfrontalières.
Pour produire des résultats, cet accord devra préciser les conditions de circulation des véhicules, les formalités administratives, la coordination douanière et les mécanismes de contrôle. La réduction des obstacles bureaucratiques et des délais aux frontières sera déterminante pour les commerçants.
Le Nigeria représente également un débouché important pour les produits tchadiens, notamment le bétail et certaines productions agricoles. La fluidité du transport pourrait ainsi favoriser les échanges, à condition que les engagements diplomatiques se traduisent par des mesures concrètes sur le terrain.
Le lac Tchad et le rail, des ambitions à financer
Les deux responsables ont également évoqué l’ouverture de liaisons aériennes directes entre N’Djamena et le Nigeria, le développement de la navigation sur le lac Tchad et la réalisation d’études pour une éventuelle liaison ferroviaire.
Ces projets pourraient diversifier les itinéraires commerciaux et réduire la dépendance à certains corridors. Toutefois, leur concrétisation nécessitera des financements, des études de faisabilité, des infrastructures adaptées et des garanties de sécurité.
Le Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 » prévoit des investissements importants dans les infrastructures et la logistique. La modernisation des axes transfrontaliers et le développement d’une liaison lacustre vers le Nigeria figurent parmi les ambitions annoncées. Ces objectifs devront être accompagnés de calendriers précis et de ressources financières identifiées.
Des annonces aux résultats concrets
Le rapprochement entre N’Djamena et Abuja ouvre des perspectives, mais sa réussite dépendra de la mise en œuvre. Un calendrier précis, des financements identifiés et des indicateurs mesurables permettraient d’évaluer les progrès.
Pour les opérateurs économiques, l’enjeu est clair : acheminer plus rapidement les produits, réduire les coûts et accéder plus facilement aux marchés. Pour les ménages, une meilleure circulation des marchandises pourrait contribuer à limiter certaines pressions sur les prix.
La coopération entre le Tchad et le Nigeria sera donc jugée moins sur le nombre de projets annoncés que sur leur capacité à transformer durablement les échanges commerciaux.
Martin HIGDE NDOUBA

