Tchad : après 35 ans de pouvoir, le MPS découvre l’urgence de l’école
Au Tchad, le Mouvement patriotique du salut (MPS) appelle ses militants, cadres et élus à s’engager en faveur de l’éducation. Dans un communiqué signé le 9 octobre 2026 par son secrétaire général, Aziz Mahamat Saleh, le parti présidentiel préconise des actions concrètes pour améliorer les conditions d’apprentissage. Une mobilisation qui soulève une question : pourquoi l’école publique a-t-elle encore besoin d’un tel appel après plusieurs décennies de gouvernance ?
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Des écoles en attente de solutions concrètes
L’appel se veut pragmatique. À travers son communiqué du 9 octobre 2026, le MPS invite ses militants, ses cadres et ses élus à soutenir les établissements scolaires confrontés à des difficultés matérielles et sanitaires. L’objectif affiché est de contribuer à l’amélioration de l’environnement scolaire, alors que de nombreuses infrastructures restent insuffisamment équipées.
Parmi les actions prioritaires figurent l’aménagement des accès aux écoles, l’assainissement des cours envahies par l’insalubrité et la fourniture de tables-bancs ainsi que de matériels pédagogiques aux établissements qui en manquent.
Ces mesures répondent à des besoins élémentaires : permettre aux élèves d’étudier dans un environnement propre, accessible et adapté, et aux enseignants de travailler dans des conditions plus dignes. Mais derrière ces recommandations se pose une interrogation plus profonde sur la capacité des pouvoirs publics à garantir durablement un service éducatif de qualité.
Le parti présidentiel face à ses responsabilités
En relayant l’appel du président Mahamat Idriss Déby Itno, le MPS entend mobiliser son réseau politique au service de l’école. Les militants, les élus et les responsables locaux sont ainsi invités à participer à des initiatives de terrain, au-delà des discours et des déclarations d’intention.
Cette démarche peut contribuer à des améliorations immédiates, notamment dans les établissements les plus démunis. Toutefois, la mobilisation partisane ne saurait remplacer les responsabilités permanentes de l’État en matière de construction, d’entretien, d’équipement et de financement des écoles.
Le MPS doit donc transformer cet appel en actions mesurables. Combien d’établissements seront concernés ? Quels moyens seront mobilisés ? Qui assurera le suivi des opérations et leur continuité ? Sans objectifs précis ni mécanisme d’évaluation, cette initiative risque de rester une annonce de plus dans un secteur qui a besoin de réponses structurelles.
Trente-cinq ans après, l’urgence demeure
Fondé en 1990, le MPS est au cœur de la vie politique tchadienne depuis plus de trois décennies. Cette longévité rend légitime la question du bilan éducatif. Comment expliquer que des écoles aient encore besoin de tables-bancs, de matériel pédagogique et de travaux élémentaires d’assainissement ?
L’initiative pourrait être saluée si elle marque le début d’un engagement durable. Mais elle rappelle aussi que l’amélioration de l’école ne peut dépendre uniquement de campagnes ponctuelles, de visites officielles ou de la bonne volonté des militants. Elle exige une politique publique cohérente, des budgets transparents et un suivi rigoureux des investissements.
Pour le MPS, le véritable défi sera de démontrer que cet appel dépasse le cadre de la communication politique. L’éducation ne peut être une priorité seulement lorsqu’un dirigeant demande de se mobiliser. Elle doit constituer un engagement permanent, soutenu par des résultats visibles dans les salles de classe.
Car, au Tchad, l’avenir des enfants ne se construit pas uniquement dans les communiqués. Il se prépare dans des écoles équipées, propres et accessibles, où chaque élève dispose des conditions nécessaires pour apprendre et réussir
Martin HIGDE NDOUBA

