Distinction pour N’Djamena : Jacques distingue Paul, citoyens en pensent quoi ?
Une attestation de reconnaissance a été remise à la commune de la ville de N’Djamena au terme d’une rencontre consacrée à la gestion urbaine. Si cette distinction se veut un encouragement aux efforts de l’exécutif communal, elle pose une question simple : sur quels résultats concrets les citoyens peuvent-ils, eux aussi, juger leur ville ?
Distinction qui interpelle
Le 28 septembre 2026, l’exécutif communal de N’Djamena a participé à une rencontre consacrée à la gestion urbaine et au renforcement du dialogue entre les différents acteurs de la gouvernance locale. La réunion, organisée à la Délégation générale du gouvernement, marquait la clôture de la tournée du ministre délégué auprès du Vice-Premier ministre chargé de la Décentralisation, Dr Ahmat Oumar Ahmat, dans les dix communes d’arrondissement et à la Commune de la Ville.
À l’issue des échanges, une distinction sous forme d’attestation de reconnaissance a été remise à la Commune de la Ville. Elle vient saluer, selon les autorités, les efforts engagés en faveur du cadre de vie, de l’ordre urbain et de l’amélioration des services publics.
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Mais une reconnaissance officielle ne dispense pas d’une évaluation quotidienne. Car une ville ne se juge pas uniquement dans une salle de réunion, encore moins à travers une attestation.
La ville appartient d’abord à ses habitants
Les discussions ont notamment porté sur les désordres urbains, l’occupation des voies et espaces publics, la sécurité et l’amélioration du cadre de vie. Autant de sujets qui touchent directement les habitants. Alors, pourquoi ne pas demander leur avis ?
Combien de rues secondaires ont réellement été aménagées ? Combien de caniveaux sont régulièrement curés et restent fonctionnels pendant les pluies ? Combien de marchés sont propres et correctement entretenus ? Combien de quartiers bénéficient d’un service régulier de ramassage des ordures ? Et surtout, combien de dispositifs annoncés fonctionnent effectivement sur le terrain ?
C’est ici que la distinction prend une autre dimension. Elle peut être considérée comme un encouragement institutionnel, mais elle ne constitue pas nécessairement une mesure de satisfaction des citoyens. Entre ce que l’administration constate et ce que l’habitant vit quotidiennement, l’écart peut être important.
Qui distingue qui ?
La véritable question n’est donc peut-être pas de savoir si la commune mérite une distinction, mais qui doit avoir le dernier mot lorsqu’il s’agit d’évaluer la qualité d’une ville.
L’administration peut féliciter l’administration. Mais le citoyen, lui, paie des taxes, emprunte les routes, fréquente les marchés, subit les embouteillages, les déchets, les eaux stagnantes et les difficultés d’assainissement.
Si Jacques doit distinguer Paul, il faut d’abord définir les critères qui permettent de le faire. Une distinction crédible devrait alors reposer sur des indicateurs vérifiables : kilomètres de voiries aménagés, nombre de caniveaux entretenus, volume d’ordures collectées, fréquence du ramassage, état des marchés, éclairage public, sécurité et satisfaction des habitants.
Sans ces données, la distinction risque de rester symbolique, N’Djamena a besoin de reconnaissance, certes. Mais elle a surtout besoin de résultats visibles. Une capitale plus propre, plus ordonnée et plus sûre ne se décrète pas. Elle se constate dans les rues. Et la prochaine distinction, pourquoi ne pas la laisser aux citoyens ?
Martin HIGDE NDOUBA

