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Face aux aléas climatiques : Ibrahim Traoré creuse son sillon

Au Burkina Faso, la bataille pour la souveraineté alimentaire passe désormais par la maîtrise de l’eau. Après les investissements dans les aménagements hydroagricoles, le gouvernement à travers la vision du camarade, le capitaine Ibrahim Traoré veut renforcer l’irrigation à travers les forages à haut débit. Une stratégie qui cherche à réduire la dépendance de l’agriculture aux pluies et à maintenir la production en saison sèche.

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Sortir l’agriculture de la dépendance aux pluies

Au Burkina Faso, l’agriculture ne veut plus attendre le ciel. Face aux aléas climatiques et aux irrégularités de la pluviométrie, les autorités misent davantage sur la maîtrise de l’eau pour sécuriser les récoltes. C’est dans cette logique que s’inscrit l’opération spéciale de forages à haut débit subventionnés annoncée par les autorités sous l’impulsion d’Ibrahim Traoré.

L’objectif est simple : permettre aux producteurs de poursuivre les cultures de contre-saison, même lorsque les pluies se font rares. Pour Ibrahim Traoré, la question de l’eau devient ainsi un élément central de la stratégie de souveraineté alimentaire affichée par les autorités burkinabè.

Cette orientation n’est toutefois pas entièrement nouvelle. Dans les régions du Guiriko et du Tannounyan, le Projet de développement agricole de Dangoumana a déjà permis la réalisation de 178 forages, avec des débits compris entre 16 et 30 m³ par heure. Sur le seul périmètre de Badara, huit forages fournissent un débit cumulé de 221 m³ par heure. L’ambition affichée est de permettre jusqu’à trois campagnes agricoles par an, notamment pour le riz, le blé, le maïs et la tomate.

100 barrages pour retenir l’eau

Mais les forages ne constituent qu’un volet de cette politique hydraulique. En janvier 2026, le gouvernement a lancé une campagne nationale de curage et de confortation de 100 barrages dans 12 régions, pour un investissement de plus de 19 milliards de francs CFA sur le budget de l’État. L’opération doit permettre de mobiliser au moins 50 millions de m³ d’eau supplémentaires.

Le problème est de taille : selon le ministère chargé de l’Agriculture et de l’Eau, environ 40 % des barrages sont fortement dégradés, notamment sous l’effet de l’ensablement, de l’envasement et du vieillissement des ouvrages. La restauration de ces infrastructures vise donc à soutenir simultanément l’irrigation, l’élevage, la pisciculture et l’approvisionnement en eau.

L’eau au cœur de la souveraineté alimentaire

Cette combinaison entre forages, irrigation et réhabilitation des retenues d’eau traduit une évolution importante : produire davantage ne suffit plus, il faut aussi sécuriser les conditions de production.

La démarche portée par Ibrahim Traoré cherche ainsi à transformer l’eau en véritable infrastructure agricole. Les 178 forages déjà réalisés, les 100 barrages concernés par le programme de curage et les investissements consacrés à l’irrigation constituent les différents maillons d’une même politique.

Pour Ibrahim Traoré, l’enjeu dépasse donc la seule saison agricole : il s’agit de réduire la vulnérabilité du monde rural face aux changements climatiques et de rapprocher le Burkina Faso de son objectif de souveraineté alimentaire.

Reste désormais à mesurer les résultats sur le terrain : superficies effectivement irriguées, nombre de producteurs bénéficiaires, coût réel de l’eau, rendement des cultures et pérennité des ouvrages. Car pour Ibrahim Traoré, comme pour les agriculteurs burkinabè, la véritable bataille ne se gagnera pas dans les annonces, mais dans la capacité à produire lorsque les nuages, eux, refusent de répondre présents.

Martin HIGDE NDOUBA

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