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À Goré, la santé publique face à l’épreuve de la réalité

L’absence d’une ambulance opérationnelle à Goré, dans le Logone Oriental,
transforme les évacuations sanitaires en parcours d’incertitude. Des patients en situation critique sont transportés sur des charrettes ou des motos, alors qu’un véhicule médical offert par MSF France reste immobilisé. Une situation qui interroge la capacité des services publics à assurer la continuité des soins.

À Goré, la question n’est plus seulement celle de l’accès aux soins. Elle est aussi celle de l’accès aux urgences. Lorsqu’un patient doit être évacué rapidement vers l’hôpital du district, les familles doivent parfois recourir à des moyens de transport qui ne sont pas adaptés à une situation médicale critique.

Une charrette pour transporter un malade. Une moto pour une évacuation urgente. Ces scènes paraissent appartenir à une autre époque. Elles sont pourtant rapportées aujourd’hui dans cette ville du département de la Nya-Pendé.

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Une ambulance existe, mais elle ne roule pas

Le paradoxe est difficile à ignorer. Goré dispose d’une ambulance médicale. Mais le véhicule serait immobilisé en raison d’une panne, laissant la population sans solution adaptée pour certaines évacuations.

Une ambulance n’est pas un équipement comme les autres. Son utilité se mesure précisément dans les moments où chaque minute peut compter. Lorsqu’elle reste immobilisée, ce sont les patients les plus vulnérables qui supportent les conséquences de cette indisponibilité.

La question mérite donc d’être posée publiquement : pourquoi une ambulance destinée à sauver des vies reste-t-elle à l’arrêt ? S’agit-il d’un problème de maintenance, de financement ou de gestion ? Et surtout, pourquoi aucune solution durable n’a-t-elle encore été trouvée ?

La politique de santé se mesure sur le terrain

Les autorités tchadiennes présentent la santé comme l’une des priorités nationales. Les 12 chantiers et 100 actions s’inscrivent dans cette volonté affichée d’améliorer les conditions de vie des citoyens.

Mais les politiques publiques ne se jugent pas seulement dans les discours ou les documents officiels. Elles se mesurent dans les hôpitaux, les centres de santé et les ambulances qui doivent fonctionner lorsque la population en a besoin.

À Goré, l’écart entre les ambitions annoncées et la réalité quotidienne est difficile à ignorer. Une ambulance immobilisée pendant que des patients sont transportés sur des charrettes constitue un symbole particulièrement cruel de cette contradiction.

La question des ambulances offertes par les Émirats arabes unis mérite également des explications. Combien sont aujourd’hui opérationnelles ? Où sont-elles affectées ? Quel dispositif garantit leur maintenance ? La transparence sur ces équipements publics est indispensable.

Une urgence qui dépasse Goré

Il serait tentant de considérer cette situation comme un problème strictement local, ce serait une erreur. Goré révèle une difficulté plus large : celle de la maintenance et de la continuité des services publics dans les zones éloignées de la capitale.

Une infrastructure sanitaire ne se résume pas à la construction d’un bâtiment ou à la réception d’un équipement. Elle suppose du personnel, des moyens, un budget de fonctionnement et une maintenance régulière.

Les autorités provinciales du Logone Oriental doivent donc saisir le ministère de la Santé publique et obtenir une réponse concrète. L’objectif devrait être simple : remettre rapidement l’ambulance en service et garantir, à terme, un mécanisme fiable de maintenance.

Les habitants de Goré ne demandent pas un privilège, mais un service essentiel : pouvoir évacuer un malade dans des conditions dignes et sûres.

Lorsqu’une ambulance reste immobilisée et qu’une charrette devient le moyen ultime de rejoindre l’hôpital, le problème dépasse la mécanique. Il touche à la dignité du service public et à la valeur accordée à la vie humaine.

Il est donc temps que l’ambulance de la ville de Goré reprenne la route. Car une politique de santé qui ne parvient pas à transporter ses malades les plus vulnérables reste, pour eux, une promesse inachevée.

Martin HIGDE NDOUBA

Source: Racines info

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