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Tomate : le petit ingrédient qui devient un grand casse-tête pour les ménages à Ouagadougou

La tomate, produit incontournable de nombreuses cuisines burkinabè, voit son prix peser davantage sur les budgets des ménages. Dans les marchés de Ouagadougou, consommateurs et commerçants doivent désormais ajuster leurs achats face à cette évolution.

Quand la tomate devient une dépense à surveiller

Dans la cuisine burkinabè, elle paraît presque indispensable. Elle accompagne les sauces, relève les plats et se retrouve dans de nombreuses préparations quotidiennes. Pourtant, ces dernières semaines, son prix attire davantage l’attention des consommateurs.

Au marché, certains clients arrivent avec une idée précise de ce qu’ils veulent acheter, mais repartent avec des quantités plus modestes. « Avant, je pouvais prendre plusieurs tomates sans trop calculer. Maintenant, je regarde d’abord le prix », confie une cliente.

Pour les ménages aux revenus modestes, chaque dépense compte. Quelques centaines de francs supplémentaires sur un produit peuvent sembler peu importants à première vue. Mais lorsqu’elles s’ajoutent au prix de l’oignon, et du  condiments,  la facture devient rapidement plus lourde.

La tomate n’échappe donc pas à cette réalité : elle devient un produit que certains consommateurs achètent désormais en fonction de leurs moyens du jour.

Producteurs et commerçants face à une équation difficile

Derrière les étals, la situation est également complexe. Les vendeurs doivent composer avec le prix auquel ils achètent leur marchandise, les frais de transport, les pertes liées aux produits qui se détériorent et les réalités du marché.

Une tomate mûre ne peut pas être conservée indéfiniment. Pour le commerçant, vendre rapidement est donc essentiel. Mais lorsque les prix d’achat augmentent, il devient difficile de maintenir des tarifs bas tout en préservant sa marge.

Du côté des producteurs, plusieurs facteurs peuvent influencer l’offre disponible : saisonnalité, conditions climatiques, accès à l’eau, coût des intrants, transport et niveau de production. Une diminution de l’offre sur les marchés peut mécaniquement exercer une pression sur les prix.

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Il serait donc réducteur de considérer uniquement le vendeur comme responsable de la hausse constatée par le consommateur. Entre le champ et l’assiette, plusieurs acteurs interviennent et chacun supporte une partie des coûts.

Le consommateur change ses habitudes

Face à cette situation, les consommateurs développent leurs propres stratégies. Certains réduisent les quantités achetées, d’autres comparent les prix entre plusieurs étals. Quelques-uns privilégient les marchés où ils espèrent trouver de meilleurs tarifs.

Une petite tomate, un grand indicateur du coût de la vie

Au-delà de son prix sur un étal, la tomate raconte une partie de la réalité économique des ménages. Les produits du quotidien permettent souvent de mesurer concrètement les difficultés auxquelles les consommateurs sont confrontés.

La situation rappelle surtout l’importance d’une meilleure organisation des circuits d’approvisionnement, de la production locale et de la réduction des pertes entre le champ et le marché.

Car derrière chaque tomate vendue se trouve toute une chaîne : un producteur qui cultive, un transporteur qui achemine, un commerçant qui vend et un consommateur qui paie.

Pour le moment, dans les marchés de Ouagadougou, le constat est simple : le consommateur regarde davantage son portefeuille avant de remplir son panier.

AMINA KABO DJARMAH

 

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