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N’Djamena : 14 femmes interpellées, le trafic de drogue change de visage

À N’Djamena, le trafic de stupéfiants ne se conjugue plus uniquement au masculin. Quatorze femmes, soupçonnées de vendre du haschich, du Coloss et des alcools frelatés, ont été interpellées par la police nationale et présentées à la presse ce lundi 17 août 2026. Une opération qui met en lumière une facette moins visible du commerce illicite dans la capitale tchadienne.

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Réseau qui se féminise

La scène interpelle. Quatorze femmes présumées impliquées dans la vente de produits prohibés ont été présentées à la presse à N’Djamena. Selon les éléments communiqués par les forces de sécurité, ces femmes auraient été arrêtées dans le cadre d’opérations visant à démanteler des points de vente de produits considérés comme dangereux pour la santé publique.

Haschich, Coloss et alcools frelatés figurent parmi les produits saisis ou associés à ces interpellations. Une diversité qui témoigne, selon les autorités, de l’ampleur des circuits parallèles qui alimentent certains quartiers de la capitale.

L’implication de ces femmes vient surtout bousculer une perception longtemps répandue : celle d’un trafic essentiellement contrôlé par des hommes. Leur présence dans cette économie clandestine révèle aussi les multiples visages du phénomène.

Derrière les arrestations, une réalité sociale

Au-delà de l’image des femmes présentées devant les journalistes, l’affaire pose une question plus large : pourquoi le commerce de produits illicites gagne-t-il progressivement de nouveaux acteurs ?

Dans une capitale confrontée au chômage, à la précarité et à la faiblesse des revenus pour une partie de la population, les réseaux de vente clandestine peuvent apparaître comme une source rapide de revenus. Cette hypothèse ne saurait toutefois justifier la commercialisation de substances interdites ou dangereuses.

La police nationale entend désormais poursuivre ses opérations afin d’identifier les circuits d’approvisionnement et les éventuels responsables situés en amont. Car derrière les vendeurs se trouvent souvent des réseaux plus structurés, capables d’assurer l’entrée, le stockage et la distribution des produits.

Bataille qui dépasse les vendeurs

L’arrestation de ces femmes pose également la question de l’efficacité de la lutte contre les stupéfiants. Interpeller les détaillants est une première étape, mais elle ne suffit pas nécessairement à tarir les sources d’approvisionnement.

Pour les autorités, le défi consiste désormais à remonter les filières, identifier les fournisseurs et comprendre comment ces produits parviennent jusqu’aux différents points de vente de N’Djamena.

Cette opération rappelle enfin que le phénomène ne concerne plus un seul profil social. Les femmes peuvent désormais apparaître à différents niveaux de ces réseaux, comme vendeuses présumées ou intermédiaires. Pour la police, cette nouvelle donne impose d’adapter les stratégies de surveillance et de prévention.

À N’Djamena, la lutte contre les drogues ne se joue donc plus seulement dans les rues ou les lieux connus pour abriter des trafics. Elle se déroule aussi dans l’ombre de réseaux capables de recruter des profils variés. Et l’affaire de ces quatorze femmes pourrait bien n’être que la partie visible d’un phénomène plus profond.

Martin HIGDE NDOUBA

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