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RGPH-3 : premier cap franchi, l’essentiel reste à faire

Avec plus d’un million de ménages déjà dénombrés, le RGPH-3 franchit une étape symbolique. Si ce premier bilan traduit une montée en puissance des opérations, il rappelle aussi qu’un recensement ne se mesure pas seulement au nombre de questionnaires remplis, mais à sa capacité à produire des données fiables pour orienter les politiques publiques.

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Démarrage ralenti, puis une accélération

Le retard enregistré au lancement n’aura finalement pas compromis l’opération. Confronté à des difficultés logistiques, le Bureau de Coordination du Troisième Recensement a obtenu une prolongation des opérations jusqu’au 21 juillet. Une décision pragmatique qui offre aux équipes le temps nécessaire pour couvrir l’ensemble du territoire.

Aujourd’hui, les chiffres traduisent une progression encourageante. Plus de 1 150 000 ménages ont été recensés, soit près de 28 % des 4,1 millions attendus. Avec une moyenne de quelque 200 000 ménages visités chaque jour, les responsables du RGPH-3 affichent leur confiance quant au respect du nouveau calendrier.

Dispositif inédit sur le terrain

Derrière ces résultats se cache une impressionnante mobilisation humaine. Près de 36 000 agents recenseurs et contrôleurs parcourent villes, villages et zones rurales. À leurs côtés, des équipes mobiles rejoignent les populations nomades, souvent absentes des statistiques nationales. L’ambition est claire : faire du RGPH-3 un recensement réellement inclusif, capable de refléter la diversité démographique du pays.

Cette édition se distingue également par une modernisation assumée. Les paiements sont entièrement numérisés et plus de 40 000 cartes SIM ont été distribuées pour assurer la communication entre les équipes, la transmission des données et le suivi des opérations. Une évolution qui vise à renforcer la transparence et l’efficacité du processus.

Former les agents, rémunérer les équipes, financer les déplacements, soutenir les commissions locales et garantir la sécurité : l’État a déjà mobilisé plusieurs milliards de francs CFA. Cet investissement dépasse le simple exercice administratif. Les données produites par le RGPH-3 serviront à planifier les écoles, les centres de santé,les infrastructures, les politiques d’emploi et la répartition des ressources publiques pour les prochaines années.

Mobilisation citoyenne reste déterminante

Le chemin reste toutefois semé d’obstacles. Dans certaines localités, les contestations liées aux limites administratives compliquent encore le travail des recenseurs. Les autorités assurent avoir mis en place des mécanismes de concertation afin d’éviter que ces différends ne ralentissent davantage les opérations.

Au-delà de ces difficultés, le véritable défi est ailleurs : convaincre chaque ménage de participer. Un recensement n’est fiable que si personne n’est oublié. C’est pourquoi les autorités multiplient les appels en direction des chefs de ménage des leaders traditionnels et religieux, des organisations de la société civile et des médias.

Au fond, le RGPH-3 ne consiste pas uniquement à compter les habitants. Il s’agit de donner au pays une photographie précise de sa population afin d’éclairer les choix économiques et sociaux de demain. Plus la participation sera forte, plus les décisions publiques pourront répondre aux réalités du terrain. Le succès du RGPH-3 dépend donc autant de l’organisation de l’État que de l’engagement des citoyens.

Martin HIGDE NDOUBA

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