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Fête de la musique : capitale sans salle de concert

Chaque 21 juin, le monde célèbre la Fête de la musique dans une ambiance festive. À N’Djamena, pourtant, cette célébration met en lumière une réalité gênante : l’absence d’une véritable salle publique de concert. Un paradoxe qui révèle le peu d’intérêt accordé à la culture dans les priorités de développement.

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Célébration aux moyens limités

Comment une capitale de plus d’un million d’habitants peut-elle célébrer la Fête de la musique sans disposer d’une salle publique digne de ce nom ? La question mérite d’être posée sans détour. Depuis des années, les artistes tchadiens improvisent, s’adaptent et font preuve d’une créativité remarquable pour exister malgré des conditions souvent précaires.

Pourtant, la musique occupe une place centrale dans la société tchadienne. Elle accompagne les cérémonies, les fêtes populaires, les événements religieux et les moments de joie comme de recueillement. La musique est partout, sauf dans les politiques publiques où elle semble souvent reléguée au second plan.

Ce constat est d’autant plus préoccupant qu’il ne s’agit pas seulement d’un manque d’infrastructures, mais d’une absence de vision.

Déficit qui dépasse la question des moyens

On entend souvent que les priorités du pays se situent ailleurs. Certes, les défis sont nombreux. Mais considérer la culture comme un secteur secondaire est une erreur qui coûte cher à long terme.

Une salle de spectacle n’est pas un simple bâtiment destiné à accueillir des concerts. C’est un espace de rencontre, de formation et d’expression. C’est un lieu où la musique peut se développer dans des conditions professionnelles. C’est aussi un outil économique capable de générer des emplois et d’attirer des événements d’envergure.

Pendant que d’autres pays investissent dans leurs infrastructures culturelles pour soutenir leurs artistes et renforcer leur attractivité, N’Djamena continue d’organiser ses grands rendez-vous dans des espaces provisoires ou inadaptés. Cette situation n’est plus acceptable.

Investir dans la culture pour préparer l’avenir

La célébration de la Fête de la musique doit être l’occasion d’un électrochoc collectif. Les discours sur la valorisation de la culture ne suffisent plus. Les artistes ont besoin d’actes concrets et durables.

Construire une salle publique de concert ne relève pas du prestige. C’est un investissement dans la jeunesse, dans l’éducation et dans l’image du pays. C’est reconnaître que la musique et les autres formes d’expression artistique participent pleinement au développement national.

Le Tchad regorge de talents. Les chanteurs, musiciens et créateurs continuent de porter haut les couleurs du pays malgré les obstacles. Leur engagement mérite davantage que des promesses.

En ce jour consacré à la musique, la véritable question n’est pas de savoir comment célébrer la fête. Elle est de savoir pourquoi, en 2026, une capitale comme N’Djamena ne dispose toujours pas d’une infrastructure culturelle à la hauteur des ambitions de son peuple. Le silence des décideurs sur cette question devient, lui aussi, assourdissant.

Martin HIGDE NDOUBA

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