20 milliards FCFA pour l’eau : l’État renforce la sécurité alimentaire
Le Burkina Faso renforce sa stratégie de souveraineté alimentaire à travers une vaste campagne de mobilisation de l’eau de surface. Le samedi 31 janvier 2026, à Gonsé dans la commune rurale de Koubri, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a officiellement lancé un programme national de réhabilitation de 100 barrages répartis sur l’ensemble du territoire.
Cette initiative, entièrement portée par l’État, vise à améliorer la disponibilité de l’eau à des fins agricoles et pastorales, tout en consolidant les acquis d’une campagne agricole jugée exceptionnelle. Elle s’inscrit dans une vision à long terme où l’eau devient un levier stratégique pour la sécurité alimentaire et le développement économique.
L’eau au cœur de la souveraineté alimentaire
Après une campagne agricole 2025 marquée par un taux record de couverture des besoins céréaliers de 126,4 %, le gouvernement burkinabè entend consolider ces performances. La réhabilitation des barrages vise à garantir une meilleure rétention de l’eau, en particulier avant l’arrivée de la saison pluvieuse, afin de soutenir durablement la production agricole.
Pour les autorités, l’accès sécurisé aux ressources est une condition essentielle pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. Le Premier ministre a rappelé que l’objectif final est de permettre à chaque Burkinabè de manger à sa faim, tout en créant les bases d’une agriculture capable, à terme, d’exporter une partie de sa production.
À travers cette politique, l’eau n’est plus seulement perçue comme une ressource naturelle, mais comme un facteur stratégique de résilience face aux aléas climatiques et aux défis sécuritaires.
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Une mobilisation collective autour de l’eau
Lors du lancement de la campagne, le chef du gouvernement a appelé les populations bénéficiaires à accompagner activement les travaux. Il a insisté sur la nécessité d’un engagement communautaire afin de lutter contre l’ensablement des barrages et de préserver durablement les infrastructures liées à l’eau.
Le barrage de Gonsé, par exemple, exploité sur environ 100 hectares de périmètres agricoles, profite directement à près de 200 exploitants, dont 110 femmes issues des villages de Gonsé et de Nougou. Cette infrastructure hydraulique joue un rôle clé dans la valorisation aux ressources au profit des communautés rurales.
La participation des populations est donc essentielle pour assurer la pérennité des investissements consentis par l’État et optimiser l’utilisation aux ressources dans les zones agricoles.
Des structures publiques pour sécuriser l’eau
Selon le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, le Burkina Faso compte actuellement 973 barrages, sans inclure ceux en cours de construction. Cependant, plus de 40 % de ces ouvrages ont perdu une grande partie de leur capacité à retenir l’eau.
Face à ce constat, le gouvernement a jugé indispensable de lancer une vaste campagne de réhabilitation. Le coût total des travaux est estimé à près de 20 milliards FCFA, financés principalement à travers les ressources nationales, notamment via le Projet Sécurité de l’Eau.
Pour la mise en œuvre, des structures étatiques spécialisées ont été mobilisées, notamment l’Office national des barrages et des aménagements hydro-agricolesa et la Société nationale d’aménagement des terres et de l’équipement rural. Leur mission est d’assurer la réhabilitation, la confortation et le curage des ouvrages afin de sécuriser durablement l’eau au service du développement agricole.
Yiwènè Angelina MPO (Stagiaire)